Bosozoku

Le Japon est connu aussi pour sa culture urbaine souvent peuplée d’histoires fascinantes. Des légendes urbaines, comme dans chacun des pays de la planète, sont souvent entendues au Japon. Des gangs, des clans et bien d’autres peuplent les rues du Japon. C’est justement comme cela que les Bosozoku sont vus par les autres. Ces clans de motards et d’automobilistes qui ont fait parler d’eux durant les années 70 et 80 ont fini par être réduit au silence vers le début des années 2000. Nous allons relater l’histoire de ces motards armés de leurs machines à roues bruyantes.

La définition du terme  « Bosozoku » 

Le terme « Bosozoku » vient du mélange des termes  « boso » et « zoku » qui signifient respectivement « course folle » ou « conduite imprudente » et « clan » ou « gang ». Du point de vue étymologique, Bosozoku veut alors dire un clan de conduite imprudente. Cependant, le terme « bo » dans bosozoku provient de « boryokudan ». Ce denier pourrait se traduire par « bandit » ou « délinquant ». De ce fait, si on devait donner une définition précise du terme « bosozoku », on pourrait dire que c’est « un groupement de motards caractéristiques par une conduite folle et dangereuse qui par conséquent crée un trouble à l’ordre public établi ».

Rassemblement de bosozoku
Rassemblement de bosozoku

L’histoire des Bosozoku 

Les premiers pas et la formation des gangs

Les premières traces laissées par les Bosozoku remontent au cours des années 50. La culture occidentale, surtout la culture américaine, prend de plus ne plus de l’ampleur et détient une énorme influence au niveau de la culture japonaise. C’est d’ailleurs de là que les mouvements des « kaminari zoku », une appellation dont ces gangs de motards japonais ont bénéficié à leur début. Pouvant se traduire par « tribus du tonnerre », les premiers gangs de motards japonais s’inspirent des Hells Angels, un clan de motards américains.

Les premiers gangs motorisés étaient principalement des vétérans renvoyés de l’armée japonaise. En raison de la difficulté quant à la réinsertion au sein de la société, ces anciens combattants ont formé une sorte d’organisation pour se faire une place parmi les autres membres de la société. Caractérisés par leurs engins dotés de deux  ou plusieurs roues et bruyants, les membres des clans de motards accueillaient par la suite des jeunes adolescents âgés de 16 ans à 20 ans aussi tentés par ce style de vie. De là, chaque gang pouvait comptabiliser plusieurs dizaines d’éléments.

 Les Bosozoku adoptent le style vestimentaire des motards américains : des blousons en cuir avec des lunettes noires, un sac banane et la coupe de cheveux qui va avec. Ce n’est finalement que vers les années 60-70, que le mouvement des Bosozoku gagne réellement de l’ampleur. Il gagne en popularité en 1960, mais ce n’est réellement qu’en 1970 que les groupes gagnent une énorme renommée. Cela en raison de la grande médiatisation dont ils bénéficient. Ces groupes de personnes à bord de leurs deux roues enchaînent les troubles à l’ordre public, ils brisent les règles qui régissent la vie urbaine et défient les autorités japonaises. Surtout au niveau du trafic urbain. Avec leurs engins bruyants, les motards multiplient les actes de délinquances à travers l’archipel.

Le déclin du mouvement

Les Bosozoku sont, cependant, en déclin dans les années 1980. Au cours de l’an 2000, on peut constater un taux de baisse considérable des activités des groupes de motards japonais. On remarque qu’en 2007, 13000 bosozoku perpétuent leur mode de vie alors qu’ils étaient plus de 40 000 durant les années 60-70. Cette situation pourra se justifier par la mise en place de la loi qui vise à règlementer le trafic au sein de l’archipel. Dorénavant, les forces de l’ordre auront carte-blanche pour arrêter les délinquants pris sur leurs méfaits. 

De plus, avec l’avenue de la crise économique des années 1990, les membres des gangs n’arrivaient plus à faire autant de bruit qu’avant à cause de leurs machines : des motos tunées, ils passent aux petits scooters. D’ailleurs, les bosozoku de la génération 90 portaient même des casques, ce qui leur a valu de subir les vagues de moqueries des précédentes générations.

Etre un bosozoku

Les valeurs requises

Pour être intégré dans un clan de motards bosozoku, il fallait respecter certaines règles. C’est généralement le chef du groupe appelé le « sentosha » qui établissait ces règles. Les jeunes recrues devraient se plier aux conditions avant toute chose. Il fallait faire preuve d’une grande loyauté envers les siens, un grand sens de l’honneur, un courage inébranlable et un grand respect.

Ces valeurs sont tirées du livre Hakagure, le code du Samouraï. De plus, les jeunes recrues devraient aussi prouver au sentosha qu’elles n’ont pas peur de la mort.  Ils adoptent aussi une mentalité de bikers qui dit fièrement qu’il faut vivre au jour le jour comme le montre la devise : « Pas le temps d’attendre, il me faut vivre ». Ils adoptent aussi l’idéologie de : « je traverse la vie à toute allure, sans remords ni regrets ». De ce fait, les membres de chaque clan s’armaient des valeurs culturelles et spirituelles de l’ancien Japon, appelé le Yamato Damashii.

La tenue vestimentaire

La traditionnelle tenue des membres de chaque clan motorisé est le tokko-foku, un vêtement d’attaque avec des kanji (caractères japonais) et rappelle la tenue des Kamikazes. Il est notamment possible de remarquer sur les tokko-foku des inscriptions en kanji. Ces dernières révèlent le nom que porte le clan des motards, elles marquent aussi la hiérarchie au sein du groupe. Ils portaient souvent un vêtement qui se nomme Sukajan

Les inscriptions en caractères japonais ou kanji définissent si la position du motard, sentosha (chef) ou autre élément. De plus, ces indications mentionnent aussi les symboles provocants à l’encontre des forces de police japonaises ou même d’une branche quelconque de la société. En général, la majorité des membres des bosozoku sont issus de la classe populaire et ils se rebellent alors contre les autres classes sociales supérieures, le plus souvent les bourgeois. En guise de compléments, les motards portent des bandeaux, les « hachimaki »  et parfois des masques pour cacher le reste du visage, sans oublier les lunettes noires.

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